Interview des auteurs de nos 1ers romans #OnEstPrêt

Interview des auteurs de nos 1ers romans #OnEstPrêt

La collection de romans pour ados #OnEstPrêt vue par ses premiers auteurs :

  • POURQUOI SE LANCER DANS L’AVENTURE DE CETTE NOUVELLE COLLECTION ?

Guillaume Nail : Ce qui m’emballe avant tout dans ce projet, ce sont tous ces exemples à mettre en avant, ces idées à imaginer, ces solutions à inventer pour demain… Autant de parcours de jeunes, d’ados, qui  comprennent que leur avenir leur appartient et qu’ils et elles peuvent faire quelque chose, à leur niveau. Dès qu’Aude Sarrazin, l’éditrice à l’initiative du projet, m’a parlé de la collection, j’ai dit banco, ravi de cette passerelle créée entre les possibilités de la fi ction et les réponses très concrètes du collectif On Est Prêt. Et puis, je suis très heureux que l’autre ouvrage soit signé de Sophie Adriansen, autrice dont j’apprécie le
travail, dont je sais l’engagement en faveur de la défense des auteurs et des autrices, et dont j’ai découvert la sensibilité écologique.

Sophie Adriansen : Tout comme la démarche du collectif, le projet de la collection #ONESTPRÊT m’a tout de suite parlé. Sensibiliser les jeunes à la question climatique me semble indispensable : ce sont eux, plus que n’importe qui, qui peuvent provoquer la révolution verte. Mais les chiff res démontrent que la prise de conscience n’est pas si évidente… Alors, pour les atteindre, tous les moyens sont bons. Et comme la révolution peut paraître eff rayante, autant commencer par un petit défi plus accessible. Sur ce principe, cette collection constitue une belle opportunité de toucher des lecteurs en utilisant la fi ction pour faire passer des messages. À eux ensuite de relever le défi , comme Cléa et Mylan… et comme Aurore, l’héroïne du talentueux Guillaume Nail, avec qui je suis très heureuse d’inaugurer cette collection.

  • L’ENVIRONNEMENT EST-IL UN SUJET PLUS DIFFICILE QU’UN AUTRE À TRAITER EN FICTION ?

Guillaume Nail : Comme pour chaque roman, ce qui prime, c’est d’avoir une bonne histoire, et des personnages qu’on a plaisir à suivre. Ici, mon héroïne Aurore s’ouvre certes à la question environnementale, mais ce qui m’intéresse, c’est sa relation amoureuse avec Archambault, sa rébellion à sa famille et sa découverte d’une autre vie possible. Et puis, Le cri du homard a un goût particulier pour moi car il s’inscrit dans mon territoire d’adoption, le Cotentin, terre d’élevage à peu près préservée mais menacée par la bétonisation, l’agriculture extensive et le tout-croissance. Si cette histoire peut servir à comprendre qu’il faut arrêter de tout niveler
par le bas, cesser de tout transformer en zones commerciales et parkings sans âme, dominés par la voiture et uniformes dans leur médiocrité, alors tant mieux. 

Sophie Adriansen : Je ne crois pas qu’il y ait des sujets véritablement plus simples à traiter que d’autres… J’ai choisi d’aborder les préoccupations environnementales au travers de personnages qui en sont au départ éloignés. Ce parti pris me permet de dénoncer leur comportement en l’exposant plutôt qu’en le critiquant : au lecteur de se faire son idée. Ensuite, l’intrigue l’emporte et j’ai laissé mes personnages évoluer à leur façon… dans les décors que j’ai choisis pour eux de manière tout sauf innocente ! Mon objectif sera atteint si le lecteur referme L’été du changement déterminé à ne plus consommer d’huile de palme, bien sûr… mais s’il a passé un bon moment de lecture et amorcé une réfl exion sur ses habitudes de consommation, le pari sera également gagné !

  • ET DE VOTRE CÔTÉ, AU QUOTIDIEN, ÊTES-VOUS PRÊT ?

Guillaume Nail :  Ah, ah, excellente question. J’ai fait le test : sur les 30 premiers conseils de la campagne #ONESTPRÊT, j’en applique 18. Donc, peut largement mieux faire. Alors oui, je fais mon compost et mange locavore (rien de plus simple dans le Cotentin), je recycle mes emballages et je fais attention à mes déplacements… Mais comme tout un chacun, je suis prompt à me trouver des excuses, à me dire que tel déplacement en avion se justifi e, qu’envoyer des gifs, c’est rigolo (alors que cela consomme inutilement de l’énergie).

À l’évidence, il faut aller beaucoup plus loin. C’est bien que chacun se responsabilise mais le véritable enjeu dépasse la dimension individuelle : les solutions doivent venir des pouvoirs publics, des gouvernements, des entreprises. À l’instar d’Aurore, qui prend son destin en main en s’emparant du pouvoir, à nous d’infl uer les sphères décisionnelles par nos choix de consommation, nos votes, nos questionnements. C’est là qu’une évolution peut avoir des effets considérables. C’est tout le système qu’il faut repenser, et d’urgence. Alors à nous de jouer.

Sophie Adriansen : Oui, je suis prête ! Depuis une dizaine d’années, je pratique une forme de décroissance qui m’amène à n’acheter que pour remplacer, à préférer l’occasion au neuf quand c’est possible, à réutiliser au maximum. J’optimise mes déplacements motorisés, je veille à limiter ma consommation d’eau et d’électricité, je mange les fruits du jardin et le compost est alimenté au quotidien. À la maison, le vinaigre blanc a remplacé la plupart des nettoyants ménagers, et on privilégie les aliments produits localement. Je fais évidemment la chasse aux produits contenant de l’huile de palme. Vivant près de l’océan, je suis particulièrement
sensible à ce qui touche à cet écosystème. Je pourrais faire davantage, la frontière entre responsabilité et confort personnel fait l’objet de nombreux débats entre moi et moi…

J’agis aussi en boycottant certaines marques, certains produits (le Nutella ne passe plus par moi, faut-il le préciser ?) et en signant des pétitions, car les eff orts individuels doivent absolument s’accompagner de changements chez les industriels, éventuellement contraints par les pouvoirs publics. La responsabilité est collective ! Enfin, je tâche de transmettre toutes mes bonnes habitudes à mes enfants, car je suis convaincue qu’il n’est jamais trop tôt pour s’y mettre.

 

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L'été du changement
9782344043226
Collection : 
14.10.2020