Interview confinée de Nina Jacqmin et Chantal van den Heuvel

Pendant le confinement, des auteurs de la maison nous racontent comment ils vivent la situation actuelle. 

LE CONFINEMENT VU PAR Nina JACQMIN et Chantal VAN DEN HEUWEL.
Nina JACQMIN a réalisé chez GLÉNAT L'Étrange affaire d'Agatha Christie avec Chantal VAN DEN HEUWEL au scénario et préparent actuellement une BD sur George SAND en partenariat avec les Éditions du Patrimoine. (Monument Nationaux). Elles nous répondent de Bruxelles et de la campagne près de Bruxelles où elles habitent... Interview croisée.

- Comment se passe votre confinement ?
 

Nina JACQMIN : Je suis confinée dans le tout nouvel appartement que j'ai aménagé avec mon petit ami. Nous avons eu de la chance d'avoir terminé les travaux avant la pandémie.
Cela se passe plutôt bien, en fait ça ne change vraiment rien à mon rythme de vie habituel, je peux continuer à travailler. 
Pourtant, j'ai un sentiment d'enfermement immense depuis le premier jour du confinement. Nous sortons d'une grande période de pluie et de grisaille et c'est assez dur de voir le soleil par la fenêtre sans pouvoir enfin en profiter.
J'ai récemment installé une chaise sur le toit de ma cuisine pour pouvoir lire un peu au soleil et depuis ça va beaucoup mieux !
 
Chantal VAN DEN HEUWEL : J'habite un bout de campagne proche de Bruxelles. J'ai la chance d'avoir un jardin et des sentiers qui partent à travers champs près de chez moi. Le hasard a voulu que la route devant la maison (bruyante en temps ordinaire) était en travaux depuis des semaines. Depuis quelques jours et au moins jusqu'à début avril, toute activité a cessé, plus de bulls, plus de camions. Surtout plus de voitures, presque le silence ! Des passants qu'on ne croisait jamais se promènent, on se salue, de loin, on échange quelques mots (devinez le sujet). On se croirait revenus 30 ans en arrière.
Balader, méditer, écrire sans plus trop d'avions au-dessus de la tête...Il y a pire comme galère. Petit bémol : les voisins désoeuvrés. […]Hé hop ! C'est parti pour le vacarme des tondeuses, des scies disqueuses et de tous les crève-tympans soi-disant destinés à embellir le jardin.
[…] Il y en a aussi, comme ma voisine, qui bricolent des masques à partir d'une nappe en polyester. […] Quand on en est réduit à devoir fabriquer son masque à partir de sa nappe en plastique, ça en dit long... Je veux dire, pas sur l'état mental de la voisine. Plutôt sur l'état des nations. Des nations occidentales au XXIe siècle ! […]
  
- Quelles idées proposez-vous pour plus de solidarité ?
 
Nina JACQMIN : Prenez soin de vos proches, pensez à vos parents et respectez la quarantaine pour commencer. Au mieux on le fait, au plus court ce sera.
Passez du temps avec vos amis et votre famille en vidéoconférence, jouez à des jeux ensemble en ligne pour continuer à avoir un minimum de contacts sociaux. 
Rien de très original au final, les idées sont encore en court de traitement haha !

Chantal VAN DEN HEUWEL : […] Je ne sais pas si cette tragédie planétaire permettra à la nature de souffler un peu plus longtemps que le temps de la pandémie. Il y a eu un avant et il y aura un après. Tout ce que j'espère c'est que cet après permettra de faire un saut qualitatif, ne serait-ce qu'un petit saut, vers un peu plus d'humanité. Je l'espère très fort en tout cas. Parce que cette pandémie, ressemble fort à un coup de semonce, je trouve.
 
Portez-vous bien, vous et vos proches. Puisons de la joie dans tout ce qui s'offre de bon, un rayon de soleil, un morceau de musique, un livre, un poème…
 
- Comment votre travail de création est-il affecté, et quelles visions nouvelles cette crise peut-elle vous apporter ?
 
Nina JACQMIN : Être privée de sortie, d'amis et de soleil me pèse. Ces petits moments me permettaient de passer beaucoup de temps à travailler seule chez moi et je ne m'en rends compte que maintenant.
[…]. J'ai plus de mal à avoir un horaire sain depuis que mon petit ami ne se lève plus tôt le matin !
D'ailleurs le fait de ne plus avoir d'activité sociale le soir ne m'encourage pas à travailler efficacement. Les amis sont sur les réseaux sociaux et beaucoup de gens en profitent pour pouvoir enfin faire ce qu'ils n'ont jamais le temps de faire. […]
 
Mais au moins je peux continuer à travailler sur mes projets donc je n'ai pas le temps de m'ennuyer !
 
J'ai remarqué un élan de solidarité parmi mes proches. Je reçois beaucoup d'appels juste pour savoir si tout va bien et c'est plutôt positif.
 
J'espère que cette quarantaine ne finira pas par limiter nos libertés et que nous n'en garderons que le positif. En tout cas, les oiseaux chantent beaucoup plus depuis la crise et c'est beau de voir la nature reprendre de ses forces.
 
Pour réaliser leur album, les autrices ont passé deux jours à Nohant, dans la demeure de George Sand, gérée par les Monuments Nationaux pour s'inspirer de l'ambiance et des lieux...
En voilà deux planches en avant-première :

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