Interview confinée d'Espé

interview Espé

Pendant le confinement, des auteurs de la maison nous racontent comment ils vivent la situation actuelle. 

LE CONFINEMENT VU PAR ESPÉ

Espé travaille actuellement au tome 10 de la nouvelle saison de la série Châteaux Bordeaux : Le Groupe.
Début d’un nouveau cycle pour la saga familiale qui prend racine au cœur du monde de la vigne. Plongée dans un drame familial une nouvelle fois finement dirigé par le duo Corbeyran et Espé.

-Comment se passe ton confinement ? 
Plutôt bien, de toute façon il faut prendre son mal en patience. Je ne vais pas donner un scoop, mais les auteurs ont quand même l'habitude du travail solitaire "confinés" dans leurs ateliers, même si certains le vivent mieux que d'autres. J'ai la chance d'habiter dans le sud de la France, là où il fait toujours beau (ou presque), j'ai une grande maison avec un jardin agréable. Je suis là avec ma femme, mes deux enfants et le copain de ma fille, que je risque d'adopter si le confinement s'éternise... Ma femme est enseignante, elle s'organise avec ses collègues et ses élèves en télétravail. Mes enfants reçoivent leurs cours et s'organisent en fonction du travail à faire. Je vois que nous sommes tous assez occupés, et pour l'instant nous gérons à peu près bien le temps passé ensemble, sans nous marcher sur les pieds. On travaille, on lit, on regarde des séries, on jardine, on discute beaucoup et on prend les jours les uns après les autres. Et je fais quand même du home-trainer pour préparer mes sorties vélo en montagne en... 2025...

-Quelles idées proposes-tu pour plus de solidarité ? 
Là, c'est la question piège, dur, dur de s'aider en étant confiné... On s'appelle le plus possible. J'ai une grand-mère en maison de retraite, on l'appelle régulièrement, elle est isolée depuis plus longtemps que nous maintenant. Elle garde le moral, mais c'est difficile de se dire qu'il peut tout se passer sans pouvoir agir... Une voisine vient d'avoir une petite fille, on prend des nouvelles d'une fenêtre à l'autre de la rue... Elle est bien entourée, mais si elle avait besoin de quoi que ce soit, bien sûr que nous l'aiderions le plus possible... Avec la famille et les amis, les coups de fil se multiplient. On prend des nouvelles, on se tient informés de la santé des uns et des autres, de nos activités. On s'envoie des vidéos débiles qui font du bien. On continue à rester en contact avec les moyens de communication du moment.

-Comment ton travail de création est-il affecté, et quelles visions nouvelles cette crise peut-elle t’apporter ? 
Là, c'est un peu particulier car une de mes nouveautés devait sortir la semaine de la fermeture des librairies et le début du confinement. La sortie a été reportée, évidemment, et je ne sais pas du tout quand et dans quel contexte l'album sera sur les étals des libraires…
Pour les projets en cours, c'est différent, j'avance à mon rythme, dans cette période anxiogène, c'est difficile de garder le rythme. J'essaie de poster des dessins humoristiques sur les réseaux sociaux entre deux encrages pour détendre l'atmosphère, ou faire réfléchir quand je fais quelque chose de plus noir ou grinçant. C'est ma façon de relâcher la pression. 

Pour la vision nouvelle, je n'ai pas d'idées arrêtées. Nous voyons les limites de la mondialisation et de la financiarisation des services publics. Allons-nous vers un repliement sur soi et une montée des populismes, ou vers une décroissance raisonnée et une économie durable et solidaire ? C'est trop tôt pour le savoir... c'est en tout cas une réelle page de notre histoire qui se tourne et les tensions risquent d'être exacerbées….


Une planche en teaser de Châteaux Bordeaux tome 10

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