Interview de Lylian (Meto)

Qu'est-ce qui vous a plus dans l'univers développé par Yves Grevet ?

Lylian : J'ai découvert Méto grâce à mon éditeur chez Glénat. En plongeant dans les mots d'Yves Grevet, je me suis tout de suite senti dans mon élément : des enfants qui survivent dans un univers dur et carcéral et qui découvrent la valeur de la liberté… c'est un peu toute ma vie (rires) ! Plus sérieusement, j'apprécie beaucoup l'univers de Méto parce qu'il est riche, pose des questions sur le conditionnement et sur comment le cadre essaie d'imposer nos actes et nos pensées.

Quelles ont été les difficultés pour adapter cette oeuvre au rythme d'une bande dessinée ?

Lylian : Méto est mon adaptation la plus difficile à réaliser à ce jour. Les romans sont écrits à la première personne du singulier et les espaces temps se mélangent souvent. La principale difficulté a été de rendre l'esprit de l'oeuvre. Pour faire cela, nous avons déplacé les actions, les dialogues, les séquences pour arriver à une narration propre à la bande dessinée. Ma perception d'une adaptation est qu'elle doit s'adapter avant tout au médium qu'elle utilise. Nous avons donc, Alexandre Nesme et moi, opté pour un récit très proche du personnage de Méto et quasi linéaire dans son déroulé. Le but était de coller à lui et de vivre ce qu'il vit au jour le jour.

Comment expliquez-vous le succès du genre dystopique chez un public jeunesse et young adult ?

Lylian : Les jeunes gens sont plus réceptifs et intelligents qu'on ne le croit. Je pense que le succès de ce genre de littérature tient au fait que les lectrices et les lecteurs essaient de s'échapper de notre monde et de notre société. Aujourd'hui, beaucoup de valeurs sacrées – je ne parle pas de religion, juste d'un sens sacré des choses et de la vie – ont disparu de nos manières de vivre. Nous vivons à l'heure de la consommation et ce monde n'offre pas d'autres perspectives que riche ou pauvre, heureux ou malheureux. Les récits dystopique offrent le confort de vivre des aventures trépidantes, dangereuses, très dures parfois. Elles organisent un présent catastrophique et un futur qui, à beaucoup d'égards, serait plus lumineux que le nôtre.

Dans quelle mesure cette série se démarque-t-elle des autres grands succès du genre, comme Le Labyrinthe ?

Lylian : La petite folie de Méto tient à l'histoire et à l'univers conçu par Yves Grevet. Le récit est plus réaliste que dans Labyrinthe, un peu moins blockbuster et plus intériorisé. La trilogie Méto est un cri de liberté lancé contre un système fermé. Dans l'histoire, les personnages ne veulent pas tout casser, ils veulent juste être libre et pour eux… Et c'est très compliqué.

Comment se passe votre collaboration avec Nesmo ?

Lylian : Le plus naturellement du monde. Je pense que Nesmo est le dessinateur parfait pour Méto. Lorsque nous avons commencé à collaborer sur les planches, j'ai tout de suite senti que nous partagions les mêmes références, les mêmes codes narratifs. Nesmo me présente un storyboard, réalisé d'après mon script. La majorité du temps, le board est parfait. C'est un travail d'équipe, Nesmo fait confiance au script et je fais confiance en sa narration et son dessin. Quand une séquence ne fonctionne pas, nous en parlons, tout naturellement. C'est un réel plaisir de travailler ensemble.

 

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