Tokyo Ghoul : la saga à dévorer !

Tokyo Ghoul re : roman

A l'occasion de la sortie du roman Tokyo Ghoul:re, revenons sur le véritable phénomène littéraire en France et au Japon que fut la saga Tokyo Ghoul.

Les fans du monde entier avaient été sidérés en découvrant le premier « dénouement » de Tokyo Ghoul, première partie d’une saga hors-norme. Ils l’ont été tout autant avec celui de Tokyo Ghoul:re, sa suite. À chaque arc, à chaque étape, à chaque avancée scénaristique, l’oeuvre de Sui Ishida prenait des tournants décisifs. Rares sont les séries à s’étoffer à ce point et de manière si impressionnante. Il y a par exemple Ken Kaneki, que l’on rencontre dès les premières pages, et que l’on voit comme un acteur involontaire de cette pièce en plusieurs actes. Mais d’un jeune garçon fragile, avec son background enrichi, sa détermination appuyée, ses réelles motivations fixées, il va devenir un rouage à part entière de cet affrontement humano-goulesque. Tokyo Ghoul nous plonge dans un monde particulier.

Au coeur d’un Japon contemporain, l’auteur nous présente Ken, un adolescent plus intéressé par la lecture et par un potentiel rendez-vous amoureux que par les faits divers décrivant d’horribles meurtres. Mais sa vie bascule le jour où la fille de ses rêves se transforme en goule, bien décidée à faire de lui son repas. La situation se retourne involontairement, et Ken se réveille dans un hôpital, avec un organe de goule greffé en lui. Il va devoir comprendre qu’il n’est plus un humain comme les autres, mais un être mi-homme, mi-goule. En plus des us et coutumes d’un nouveau monde qu’il découvre, c’est désormais un personnage empli de nouvelles pulsions inconnues jusqu’alors, qui ne doit plus se nourrir que de chair, et de café...

Tout au long de ces trente tomes, Sui Ishida a su manier le contre-pied à merveille. À la frontière des genres, il rend autant hommage à la littérature vampirique qu’aux plus grands récits d'espionnage et de complots politiques, et aux meilleurs mangas d’actions. Son goût de la mise en scène l’a poussé à briser certains codes, faisant de Tokyo Ghoul un manga parfois incompris. Ça frappe, ça tranche, ça heurte, ça s’écroule, c’est par moment compliqué de deviner où il va. Pourtant, la maîtrise est réelle. Ses personnages vont et viennent dans la chaîne alimentaire, ils nous perdent, ils nous surprennent, et ils se révèlent à tous les coups. Emmitouflé dans un univers graphiquement riche, il a su emporter le public avec lui dans ce manga aux contours imperceptibles et aux limites mouvantes. Inclassables, mais impérissables, les looks, les masques, les kagune ou les quinques vont marquer les esprits à jamais. Du Japon à la France, les ventes de Tokyo Ghoul sont impressionnantes. En 2018 dans l’hexagone, c’est même dans le top 10 des ventes de mangas [par licence, chiffres GfK] qu’on retrouve la cruelle série de Sui Ishida aux côtés des One Piece et autre Dragon Ball. Des rappeurs s’emparent de son univers graphique, des mangakas célèbres lui rendent hommage, Tokyo Ghoul et Tokyo Ghoul:re méritent ce succès. C’est donc en essuyant les quelques larmes d’émotions qu’a provoqué la fin ultime de la saga que l’on ne peut faire qu’une chose... Encourager la lecture de ce manga, qui ne manquera pas de se placer aux côtés des monuments du genre horrifiquo-zombicovampirique de la pop culture internationale.

Les plus nostalgiques ne seront pas laissés pour compte, car nous pouvons vous annoncer la sortie en novembre d’un superbe artbook qui rend hommage au génie graphique de Sui Ishida.

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