Pouvez-vous raconter la genèse de L’ours d’à côté ?
La vie montagnarde de Tillo représente un rêve d’enfance. À cet âge, j’étais attirée par les héroïnes autonomes, débrouillardes, aventureuses, qui semblaient vivre sans parents. Aujourd’hui, comme Tillo, j’habite en montagne au milieu des arbres, face aux sommets, avec ma chienne et la faune sauvage que j’entends et vois parfois… y compris l’ours (à ce jour je n’ai vu que ses traces…). Nous co-habitons.
Comment avez-vous travaillé avec l’illustratrice Maurèen Poignonec ?
J’ai rencontré Maurèen au travers de son travail et de son engagement en faveur de la biodiversité, de la protection de la nature. Nos univers se font écho. J’apprécie la poésie et l’humour de son dessin. Et oui, j’avoue l’embêter avec mes indications, mes remarques… Je lui explique par exemple comment positionner une bûche pour que Tillo puisse correctement faire son bois. Maurèen est d’une bienveillance et d'une patience infinie..
Le format mixte, entre l’album jeunesse et la BD, amène-t-il un nouveau défi dans la construction de l’histoire ?
J’aime le surcroît de liberté et de jeu que m’offre ce format mixte. Depuis quelques années, je crée des scénarios de BD, cette façon de travailler m’est donc familière. Le mélange de ces deux formats permet d’allier poésie, rythme et espièglerie. Enfin… j’espère !
Dans cet album, on ressent votre amour pour la nature et sa diversité. Avez-vous un message à transmettre aux jeunes générations et leurs parents ?
Mon souhait le plus cher est que chacun puisse « rencontrer la Nature » (il y a mille manières de l’approcher). Je fais alors le pari que cette expérience, sensorielle, affective, créera un lien, intime, voire, qui sait, de l’émerveillement. Le respect de la biodiversité, l’envie d’en prendre soin viendra alors tout naturellement. La Nature, nous en faisons partie, nous y sommes intrinsèquement liés… Quelle conscience en a-t-on ?

